Fatoumata Ba : destinée à l’entrepreneuriat depuis l’enfance

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Fatoumata Ba : destinée à l’entrepreneuriat depuis l’enfance

Fatoumata Ba est née à Dakar en 1986. Plus tard, elle obtient son baccalauréat au Togo puis étudie en France à partir de 2004. Aujourd’hui entrepreneure reconnue en Afrique, Fatoumata Ba a toujours été passionnée par la technologie. Enfant, elle hackait l’ordinateur de son père. À 11 ans, elle se crée sa première adresse e-mail et à 16 ans son premier site web. Fatoumata Ba était-elle destinée à l’entrepreneuriat digital ?

Un début de carrière déjà prometteur

Après ses études en école de commerce à Toulouse, Fatoumata Ba entre sur le marché du travail avec une première expérience à France Télécom. Ainsi, pendant deux ans, elle s’occupe du développement des terminaux internes. Cependant, elle ne tient pas en place et veut retrouver son continent d’origine. Elle se rend alors à Abidjan où Atos l’embauche pour du conseil numérique.

Retour à sa ville natale : le début de l’aventure Jumia

En 2012, elle travaille sur la création de Jumia, une plateforme e-commerce à Dakar. Souhaitant développer ce projet, elle décide de lancer Jumia Côte d’Ivoire en 2013 : elle est alors présidente directrice générale pendant deux ans, avant de prendre la direction de la filiale au Nigeria. C’est en Juin 2016 qu’elle est promue directrice marketing du groupe Jumia.

Elle confie : « Durant mes missions de conseil je disais aux dirigeants du CAC 40 qu’en 2015, il y aurait autant de trafic provenant du mobile que du Web, se souvient-elle. Et bien en 2015, 80 % du trafic de Jumia était mobile. »

Fatoumata Ba est une entrepreneure à succès, certes, mais elle a besoin de trouver un sens à toutes ses activités. Sa principale motivation : participer au développement de l’Afrique de l’Ouest, notamment grâce à la création d’emplois : « A notre pic, plus de 500.000 PME opéraient leurs transactions à travers notre plate-forme, et cela a un sens pour moi. Ces entreprises génèrent 80 % des emplois et 20 % du PIB en Afrique ».

Après un long parcours au sein de cette multinationale en développement, la businesswoman engagée est forte de multiples expériences entrepreneuriales. Ainsi, elle est enfin prête à lancer sa start-up qui aidera de multiples personnes à réussir.

En 2017, Fatoumata Ba crée Janngo, une start-up studio

Dans cet esprit, l’entrepreneuse se donne une mission : « Je fais partie de la première génération d’entrepreneurs africains qui ont réussi. C’est logique pour moi de réinvestir pour créer cette chaîne de valeur et de talents », annonce-t-elle. Ainsi, elle décide de créer Janngo, une structure financière qui veut aider au développement des jeunes africains. « Au départ, nous avons deux motivations. La première est de créer des champions digitaux panafricains qui ont un business-model pérenne et sont économiquement viables. La deuxième est de répondre à des problématiques sociétales importantes comme l’accès à des services essentiels pour le plus grand nombre d’Africains, ou l’accès au marché pour les PME ou encore la création d’emploi », explique l’entrepreneuse numérique.

En Mai 2018, elle lance une levée de fonds d’amorçage pour démarrer son activité. Elle récolte la somme d’un million d’euros auprès du pôle innovation métiers de la famille Mulliez de la banque d’affaires européenne Clipperton et de Soeximex, une société d’import-export en Afrique de l’Ouest.

Aujourd’hui, Janngo est une réussite. La start-up est même associée à la Fondation Jack Ma, le célèbre créateur d’Aliexpress, pour renforcer le financement de start-ups sur le continent.

L’entrepreneuriat féminin, une priorité pour la business woman

Elle participe à l’entrepreneuriat féminin puisque Janngo est dirigé par des femmes, pour des femmes. En effet, selon elle, l’essor économique d’entreprises dirigées par des femmes serait effectivement un bel instrument de développement économique pour l’Afrique: « En étant déjà un fonds d’investissement dirigé par une femme et avec un actionnariat à 67% féminin, c’est déjà un début de réponse. Le deuxième début de réponse c’est d’arriver à investir jusqu’à 50% de nos fonds dans des femmes. Et le fait d’avoir ce partenariat avec Alibaba est très important. Et j’encourage mes entrepreneurs au féminin à postuler de manière massive ».

Pour toutes ces raisons, Fatoumata Ba est une businesswoman hors pair. Elle a toujours travaillé d’arrache-pied pour atteindre ses objectifs professionnels. Après l’Europe et différents pays d’Afrique, elle possède indéniablement un excellent sens de l’adaptation et une vision ouverte et éclairée. « Je viens d’une ethnie nomade, je suis Peule. Digital nomade, c’est une version un peu plus moderne du nomadisme », déclare-t-elle.

Crédit photo : Diaspora Vision