Fati Niang, ambassadrice de la cuisine africaine à Paris

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Fati Niang, ambassadrice de la cuisine africaine à Paris
Fati Niang, ambassadrice de la cuisine africaine à Paris

Facile de manger italien, japonais ou encore mexicain à Paris tant l’offre de restauration rapide y est large et diversifiée. Cependant, c’est plus difficile quand il s’agit de spécialités africaines. Un défi que la Sénégalaise Fati Niang tente de relever à travers son entreprise Black Spoon.

Parcours de Fati Niang

Se tailler une place de choix dans le segment très concurrentiel de la restauration rapide en France, est l’objectif que tente de réaliser la Sénégalaise Fati Niang, depuis près de deux décennies à travers Black Spoon. Grâce à son entreprise, un camion ambulant qui offre des mets à emporter typiquement issues de cuisine africaine, l’entrepreneure veut faire de Black Spoon, la première marque de restaurant africain.

Née en 1980 à Creil, une commune française du nord de la région de Paris, Fati Niang n’a pas toujours été entrepreneure. Cette carrière, elle l’a embrassée après un peu plus d’une dizaine d’années passées d’abord au service d’une compagnie parisienne de décoration de bureaux en tant que chargée d’affaires. Elle a également mené une courte immersion d’un an et demi chez Suez, la multinationale française spécialisée dans la gestion de l’eau et des déchets.
L’expérience que cette mère de 42 ans a capitalisée au terme de son parcours professionnel va lui servir de tremplin pour se lancer dans le monde de l’entrepreneuriat.

D’apprentie entrepreneure à cheffe

Fati Niang
Fati Niang

Fati Niang est une entrepreneure dans l’âme. Elle tient cette capacité principalement de sa mère qui lui transmettra les secrets de l’art de la cuisine africaine. « J’ai découvert la cuisine africaine avec ma mère qui m’a formée très tôt, par tradition. La femme africaine doit savoir bien cuisiner avant de se marier », explique Niang.
Son père, un ancien employé du constructeur automobile français Renault, ne sera pas en reste dans la formation de la jeune Fati.

« Mon père est arrivé du Sénégal en France dans les années 1960 où il a travaillé comme ouvrier chez Renault et ma mère nous a élevés, mes six frères et sœurs et moi. C’était militaire, chacun avait son rôle. Nous en voulions à notre mère parce que nous ne pouvions pas sortir comme nous voulions. Mais, avec le recul, nous avons beaucoup appris. Dès 12 ans, j’étais entièrement autonome », raconte l’aînée de la fratrie.
Grâce au savoir-faire qu’elle acquiert de ses parents, et forte d’une formation en marketing et action commerciale, couplée à une première expérience entrepreneuriale dans le secteur de la beauté, Fati Niang lance Black Spoon en 2013. Le concept est inspiré de la culture américaine du Food Truck, un mode de restauration nomade importé en France pour la première fois en 2011.

Bien que l’idée soit à l’époque peu connue dans l’Hexagone, la native de Creil fait le choix opérationnel d’intégrer le segment de la cuisine africaine. « J’avais une idée très précise de ce que je voulais faire. Le marché à viser pour moi était celui de la gastronomie africaine. Il fallait sortir des clichés, faire du light et du qualitatif », affirme la patronne.

Succès de la cuisine africaine, et vision d’avenir

L’option stratégique de la cheffe d’entreprise s’avère significative pour distinguer Black Spoon de la concurrence. Une année après son lancement de la boîte, Fati Niang reçoit le trophée African’Elles Femmes innovantes, qui est l’une des récompenses décernées à l’occasion du Prix de l’entrepreneur africain de France.
Ce succès vaudra à Black Spoon d’être reconnue puis sélectionnée par les stars américaines de la musique, Beyoncé et Jay-Z, dans le cadre de leur concert au Stade de France donné en septembre 2015. La firme bénéficie par la suite du soutien d’organismes comme l’UNESCO et l’enseigne Nicolas Feuillatte, une marque de champagne français.
Pour Fati Niang, le prochain défi de Black Spoon consiste s’établir comme un restaurant et de s’élargir en dehors de la France, notamment au Sénégal, à Milan et à Miami etc., où la demande est importante. Ceci, afin de s’établir, à terme, comme une franchise africaine de la gastronomie. En attendant, la dirigeante travaille à se développer au Sénégal.

« En parallèle, je travaille sur un projet d’agriculture au Sénégal où je suis installée depuis bientôt deux ans. A travers la gastronomie, je veux valoriser les produits locaux en Afrique et l’agriculture. Mais aussi la culture africaine à travers la mode, l’art, etc. », a-t-elle indiqué.