Financement au Sénégal : Un casse-tête pour les start-ups

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Financement au Sénégal : Un casse-tête pour les start-ups
Financement au Sénégal : Un casse-tête pour les start-ups

Le gouvernement du Sénégal a adopté des mesures fortes pour favoriser l’éclosion des start-ups, notamment un fonds pour soutenir leur lancement. La question du financement reste pourtant un obstacle majeur que les jeunes pousses sénégalaises n’arrivent pas à franchir.

Une volonté certes de financement au Sénégal, mais au succès limité

Pour une large majorité des promoteurs sénégalais de start-ups, avoir accès à des fonds qui vont leur permettre de mettre leurs projets sur les rails relève du parcours du combattant. La situation est en lien direct avec le manque de soutien aux entreprises innovatrices naissantes, malgré la politique affichée par les pouvoirs publics d’en promouvoir l’essor dans le pays.

En effet, le gouvernement a clairement fait l’option d’une politique visant à favoriser l’éclosion des start-ups au pays de la Teranga, à travers un financement au Sénégal. Début janvier 2020, le chef de l’Etat, Macky Sall, a promulgué la « Start-up Act ». Il s’agit d’une loi qui établit le cadre légal en vertu duquel les acteurs de secteur de l’innovation peuvent bénéficier du soutien technique et financier de l’Etat.

Dans le cadre de cette réforme inédite, les autorités sénégalaises ont mis en place un fonds de soutien d’une valeur de 15 milliards de FCFA destiné à soutenir les entreprises et start-ups innovantes nationales. Pour plusieurs acteurs de l’écosystème sénégalais des start-ups, les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs.

Les acteurs de l’innovation dénoncent une politique inefficace

Si plusieurs parties prenantes se félicitent des avancées significatives réalisées par le Sénégal dans le cadre de la promotion de l’entrepreneuriat et de l’innovation, nombreux sont les acteurs du secteur qui fustigent une stratégie qui ne tient pas compte des réalités du terrain. Une politique à deux vitesses, selon ces derniers, qui n’encourage pas le financement des idées novatrices en raison de la faiblesse en aval de l’assistance portée par les pouvoirs publics.

« La Délégation générale à l’entrepreneuriat rapide des jeunes et des femmes (DER/JF) devait nous accompagner, mais ça n’a pas marché. Ils ont tellement de protocoles à suivre qui nous font traîner et nous ne pouvions plus attendre », se plaint Souleymane Agne, responsable de la start-up Fraisen, spécialisée dans la production de la fraise.

Le produit étant peu connu en Afrique en général, le patron de la firme a dû attendre 6 années pour mettre au point une politique de production commercialement adaptée au marché africain. Sans soutien de l’Etat, il s’est adressé à l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) en vue d’obtenir des fonds destinés à soutenir la croissance de l’affaire dans la sous-région.

Même son de cloche pour Souadou Dia, promotrice de Souadproduct, une start-up spécialisée dans la transformation de fruits et produits céréaliers, lancée sur fonds propres.

L’Etat doit agir par des actions concrètes

La directrice de Souadproduct appelle le gouvernement sénégalais à se montrer plus réceptif aux attentes des entrepreneurs à travers un engagement plus affirmé et effectif. Un avis que partage Ndèye Fatou Sène, directrice générale d’Afric’innov, un réseau de structures d’accompagnement à l’entrepreneuriat innovant.

« Créer des projets, voter des lois, lancer des initiatives, c’est une bonne chose. Mais le faire dans leurs bureaux, ça ne suffit pas»,sou ligne-t-elle.

Encore faudrait-il que les autorités chargées des questions liées à l’entrepreneuriat et au financement au Sénégal, mettent en place un mécanisme durable leur permettant d’entretenir des échanges enrichissants et profitables tant à l’Etat qu’aux acteurs du secteur. C’est justement le grief que fait Rivolala Ratsimandresy, fondateur de Rencontre des Entrepreneurs à la démarche des autorités sénégalaises qui, selon lui, prennent rarement en compte l’avis des spécialistes de l’innovation.

De nombreuses initiatives nécessitent encore d’être mises en place pour dynamiser cette tendance entrepreneuriale au Sénégal.