État des lieux des formations agricoles au Sénégal

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État des lieux des formations agricoles au Sénégal
État des lieux des formations agricoles au Sénégal

Entre janvier 1998 et juillet 1999, plusieurs réflexions participatives ont été menées entre des responsables des ministères en charge de l’agriculture, de la formation professionnelle, des responsables d’institutions de formation, d’ONG et des organisations de producteurs, pour élaborer un document cadre sur la formation agricole au Sénégal. Le projet qui a été soutenu par la coopération suisse, a permis la mise en place d’une stratégie nationale de formation agricole et rurale (SNFAR). Environ 20 ans après, quelle appréciation peut-on faire de la formation agricole au Sénégal ? Décryptage.

Contexte

La décision de mieux encadrer les formations agricoles est née de la place stratégique qu’occupe l’agriculture dans l’économie nationale et le besoin de dynamiser ses performances, afin d’en faire le catalyseur de la croissance économique. Dans les années 1990, un diagnostic des formations agricoles au Sénégal avait montré que l’essentiel des problèmes auxquels elles faisaient face concernait des insuffisances de la tutelle du ministère de l’agriculture, notamment en termes de financement, de déploiement de personnels enseignants et d’orientations stratégiques.
Il était également reproché aux politiques publiques des formations agricoles au Sénégal un déséquilibre profond entre l’offre et la demande de formation des producteurs ruraux, une forte dépendance vis-à-vis du financement extérieur, des ressources humaines importées et le manque de référence au niveau local.
Grâce à des mécanismes d’application et de suivi des recommandations de la SNFAR, l’univers de la formation agricole est mieux organisé. Les changements intervenus ont permis la reconnaissance par l’Etat des organisations de producteurs qui, elles jouent un rôle essentiel dans la formation en amont. Les organisations de producteurs participent par ailleurs au pilotage d’institutions comme le Fonds national de recherche agricole et agroalimentaire, l’Institut sénégalais de recherche agricole, l’Agence nationale de conseil agricole et rural. Ces agences regroupent les experts qui participent à la réflexion et à la formation dans le secteur.

Une offre de formations agricoles au Sénégal diversifiée

Quelque soit le type de formation en agriculture, elle est ponctuée par une phase théorique et une phase pratique. L’apprenant en agriculture a une diversité de choix entre production végétale, la production animale, la technologie alimentaire, la nutrition humaine, la foresterie, l’économie agricole, l’agro-écologie, l’agroalimentaire etc.
Il existe par exemple des formations accélérées en agriculture qui permettent d’obtenir un brevet de technicien supérieur (BTS) au bout de deux ans. Celui-ci offre à l’apprenant les bases du métier le prépare s’il est intéressé à mieux appréhender les différentes spécificités qu’il comprend.
L’obtention du BTS ouvre la voie à une formation de licence qui boucle le premier niveau de la formation agricole, selon le système LMD.

Des formations agricoles au Sénégal proposées par les universités

Il est possible de faire la licence ou le master en agriculture dans les universités au Sénégal. Il faut savoir que les universités publiques proposent un BTS, une licence en agriculture qui peut aboutir à un Master spécialisé que l’étudiant peut poursuivre dans les universités publiques ou dans le privé. Plusieurs universités publiques ayant reçu l’autorisation du ministère de dispenser ces formations.

Au Sénégal, outre les universités publiques qui offrent des formations en agriculture sont l’ISEP Thiès, l’Université Gaston Berger et l’Université du Sine Saloum El-Hadj Ibrahima Niass. Les universités privées sont la Bordeaux Management School (BEM), l’ISM, l’Ecole des hautes études polytechniques de Dakar (HEPO), l’École Supérieur en Agronomie du Sénégal (ESAS) et l’UPM Sénégal, qui est l’Université de Marrakech.

Dans les universités publiques du Sénégal, les frais d’inscription pour la licence sont de 25 000 FCFA. Pour le master, ils s’élèvent en moyenne à 50 000 FCFA. Au même moment, pour les classes de licence dans le privé, il existe des frais de formation de 250 000 FCFA, de 300 000 FCFA et parfois de 1 300 000 FCFA, selon le prestige de l’université.

Face à la demande sans cesse croissante en main d’œuvre qualifiée, le ministre sénégalais de l’Emploi et celui de l’agriculture travaillent à développer des formations agricoles de toute la chaine de valeurs dans le pays.

En avril 2021, l’Etat a inauguré un centre de formation aux métiers du machinisme agricole à Diama dans la région de Saint-Louis. Le centre offrira des qualifications sur le machinisme agricole, l’appui-conseil en agro équipement, la transformation et la valorisation des produits agro-industriels, les études de marchés et des filières, le transfert de technologie, la formation des conducteurs, réparateurs et prestataires de services et la création et la gestion des entreprises agricoles.