L’ascension phénoménale de Souadou Niang

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L'ascension phénoménale de Souadou Niang

De femme de ménage dans un hôtel de luxe aux États-Unis à propriétaire d’un hôtel dans le quartier des Almadies au Sénégal, la success story de Souadou Niang est exceptionnelle. Découvrez le parcours de cette entrepreneuse ambitieuse, devenue aujourd’hui un exemple de détermination.

Ses études aux États-Unis

À ses 18 ans, la mère de Souadou Niang l’envoie aux États-Unis rejoindre son frère pour y faire ses études. Elle avait l’ambition de devenir avocate. Arrivée à New-York, puis à Washington DC, elle travaille pour financer son université.

C’est ainsi qu’un jour, elle se présente au Ritz Carlton, à la recherche d’un job étudiant. Coup de chance : un poste est à pourvoir. Elle est femme de chambre, et étudie en même temps son Bachelor. À l’obtention de celui-ci, elle est embauchée en tant que Manager. Aujourd’hui, elle est fière de ses 10 années dans cet hôtel de renommée. Elle y a gravi les échelons et a appris tous les standards de l’hôtellerie de luxe.

Un drame, un changement de carrière…

Pendant toutes ces années à travailler d’arrache-pied dans cet hôtel, Souadou Niang n’a qu’une chose en tête : construire son propre établissement à Dakar. Cependant, un malheureux évènement va accélérer les choses pour elle. En effet, c’est suite à la mort soudaine de sa mère, son modèle, son exemple, qu’elle dût retourner au Sénégal. Un traumatisme pour cette femme, qui fût toujours si inspirée par sa mère. Ses congés terminés, elle doit rentrer aux Etats-Unis… mais, contre toute attente, elle décide de rester au Sénégal.

Elle trouve alors un emploi dans une compagnie minière. Puis un jour, dans le cadre de son travail, elle doit réserver des chambres d’hôtel pour des investisseurs de son entreprise. Mais, le Roi du Maroc venant au Sénégal, sa réservation est annulée. Elle ne sait donc plus où les loger. Signe du destin ? C’est ce qu’elle croît fermement, elle décide alors de se lancer, et de réaliser son rêve.

Un rêve : créer un hôtel de luxe dans son pays natal

Business plan en main, Souadou Niang fait le tour des banques de la capitale pour obtenir un financement. C’est un gros projet qui demande près d’un milliard de Francs CFA. Elle n’a pas de garantie, et les prêts des structures bancaires au Sénégal sont difficiles à obtenir. En effet, les banques ne croient pas en son projet, ne jurant que par les groupes hôteliers de la place. Malgré cela, elle ne baisse pas les bras et décide de prendre l’immeuble aux Almadies en location afin de commencer les travaux. Puis son jour arrive. C’est lors d’un énième rendez-vous pour présenter son projet qu’elle tombe sur son sauveur. Par chance, un Directeur régional de l’institution était présent à la réunion. Voyant les étoiles dans les yeux de Souadou, sa motivation et sa détermination, il finit par accepter son prêt. Elle tient alors son financement.

Un boutique-hôtel luxueux, aux standards internationaux

Pas question pour elle de faire les choses à moitié. Elle, qui a eu une formation solide dans un hôtel d’un grand groupe hôtelier luxueux, souhaite mettre son expérience au profit des sénégalais et plus généralement des africains. Ce qu’elle souhaite par-dessus tout : une qualité de service inégalable au Sénégal. Ainsi, elle envoie quelques-uns de ses employés dans un Palace Marocain. Elle souhaite que ceux-ci aient une réelle expérience, et qu’ils s’imprègnent du souci du détail dans l’hôtellerie haut-de-gamme. Ce qu’ils vivent dans ce paradis, c’est ce qu’elle veut transmettre au Palms Luxury Boutique Hôtel.

Aujourd’hui, Souadou Niang compte 60 employés, dont 80% de femmes et 20% d’hommes. Elle tient à ce que son hôtel soit dirigé par des femmes. Une revanche sur le sexisme dont elle a dû faire face à la création de son hôtel. « Une femme ne peut pas diriger un hôtel. Une femme Africaine ne peut pas diriger un hôtel ».
Souadou Niang connaît le potentiel des femmes africaines. Elles sont des managers nées, elles ont la capacité de gérer beaucoup de choses en même temps. Ainsi, avec une bonne formation, elle est persuadée qu’elles seront les meilleures gestionnaires pour son établissement.

La période de COVID a été particulièrement difficile pour Souadou Niang. L’hôtel est resté fermé pendant 11 mois. « C’était dur. C’est toujours dur parce que nous avons fermé le 10 mars 2020, l’état nous a demandé de fermer mais nous on avait déjà commencé à sentir le problème du Covid. Parce que les miniers venaient d’Australie et passaient par l’Asie pour arriver. Et moi, depuis Octobre 2019 j’avais senti une baisse énorme », confie-t-elle à BBC Afrique. Aujourd’hui, elle récupère sa clientèle petit à petit. Aujourd’hui, Souadou Niang rêve de conquérir le monde, de créer des boutiques hôtels afro-chics dans les pays occidentaux. Elle souhaite montrer que oui, les femmes africaines sont capables de créer des hôtels aux normes internationales.