Révolution dans le transport urbain sénégalais : Sama-auto et Yassir

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Révolution dans le transport urbain sénégalais avec Sama-auto et Yassir

La capitale sénégalaise est réputée pour son effervescence mais aussi pour… sa circulation ! En cause : la surpopulation, la non-application du code de la route et la densité de véhicules et bus. Ainsi, devant le phénomène de digitalisation mondiale et du transport urbain saturé, certains entrepreneurs copient le business de Uber. Ils y voient un exemple pour apporter leur solution. Focus sur Sama Auto et Yessir, deux startups africaines qui misent sur ce modèle innovant pour désenclaver la capitale sénégalaise.

La startup locale de transport urbain : Sama Auto

Sama Auto est une application qui permet de mettre en relation des clients avec des taxis. Créée par une équipe de jeunes Sénégalais et Africains, elle se base sur un système performant grâce à la géolocalisation.

Sama Auto, un concept fondé sur des expériences personnelles

Aliou Gbaguidi s’est appuyé sur ses expériences personnelles. Lors de ses déplacements, il remarque combien il est difficile de trouver un chauffeur. Pourtant, la capitale est inondée de taxis jaunes et noirs, déambulant à la recherche de clients. C’est pourquoi il a décidé de faciliter le transport urbain, en se basant sur le système Uber.
La mission est simple : offrir aux Sénégalais la possibilité de se déplacer plus facilement, et de manière sécurisée.

Une application facile d’utilisation

Sama Auto est gratuite pour les clients. Le principe est simple : ils sont mis en relation avec des chauffeurs à proximité, avec lesquels ils vont négocier le prix de la course. La startup, elle, prend une commission d’uniquement 10% aux chauffeurs, contrairement aux 25% d’Uber.

D’après Aliou Gbaguidi, ce système va permettre de simplifier mais aussi de sécuriser le transport dans la capitale. «Il y a pas mal de conducteurs à la recherche d’un client. Cela crée des embouteillages dans la ville, et des clients exposés à des accidentss».

Yessir, le « uber algérien »

Yessir est une application née en Algérie, fondée par Nouridine Tayebi. L’entrepreneur est diplômé de l’Université de Stanford avec un doctorat en génie électrique. Il a travaillé chez Intel et a déjà créé InSense, une entreprise dans la Silicon Valley.

Yessir, ou la fierté de l’Algérie

Yessir est un service de transport algérien qui met en relation des chauffeurs à des passagers. La startup propose des services complémentaires, comme la livraison de colis ou de produits en B2B. À ce jour, elle compte déjà plus de 2 millions d’utilisateurs et s’est internationalisée. En effet, c’est au Canada que Yessir a pu s’implanter il y a quelques mois.

Conquérir l’Afrique, après l’Amérique

Grâce à des investisseurs ayant subventionné la startup à hauteur de 30 millions de dollars, Yessir veut conquérir l’Afrique Subsaharienne. Et c’est au Sénégal qu’elle a décidé de poser ses valises ! « Nous voulons dupliquer ce modèle au Sénégal. Notre mission, c’est de recruter des talents techniques locaux, dans tous les pays où nous exerçons ». C’est ce qu’a expliqué le fondateur et directeur général de la startup.

D’après lui, la startup pourrait créer 1000 emplois directs. Ils engloberaient des ingénieurs informaticiens ainsi que des spécialistes du marketing et de la finance. Sans compter les emplois indirects, comme les chauffeurs et les livreurs par exemple.

Le modèle d’entreprise Uber pour le transport urbain au Sénégal

Un modèle révolutionnaire…

Celui qui se fait appeler « l’Amazon de la micro-mobilité » est un modèle d’entreprise attrayant. Face à sa réussite mondiale, il sert pour exemple à de nombreux entrepreneurs africains. Uber repose sur le recours à des chauffeurs indépendants utilisant leur propre véhicule. Cela apporte des avantages à la startup, qui voit ses charges en majeure partie variables, ce qui permet un faible investissement. Pour les travailleurs, cela leur procure une solution économique modulable. En effet, ils peuvent gérer leurs horaires de travail comme bon leur semble.

Adapté à l’économie Africaine et à son transport urbain

Dans un contexte africain où le travail informel est omniprésent, ce nouveau modèle se veut être bénéfique pour les chauffeurs de taxi. D’abord en leur procurant des clients, mais aussi en leur proposant une application de gestion de leur entreprise. Attention tout de même à ne pas tomber dans les travers de l’insécurité du modèle, vivement critiqué ces dernières années.

Le nouveau TER a déjà comme vocation de réduire la saturation du transport urbain, mais il est évident que cela ne suffit pas. Ainsi, ces nouvelles startups veulent constituer une avancée majeure dans le désenclavement de la capitale. Au plus grand bonheur des utilisateurs, qui profiteront de ce système voué à leur simplifier la vie.