Siny Samba créé le Lionceau : L’alimentation infantile made in Sénégal

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Siny Samba créé le Lionceau : L'alimentation infantile made in Sénégal
Siny Samba créé le Lionceau : L'alimentation infantile made in Sénégal

C’est avec un voyage au Sénégal que Siny Samba, qui travaillait chez Blédina, eut le déclic. Dans les supermarchés, la nourriture pour bébé est majoritairement importée de l’étranger. Pourtant reconnues en termes de nutrition, elles ne sont pas adaptées aux habitudes alimentaires locales. Siny Samba est alors prise d’une nouvelle ambition : se lancer dans l’entrepreneuriat. Elle veut proposer une solution alternative aux mamans sénégalaises : de la nourriture bébé 100% made in Sénégal.

Siny Samba, déjà spécialisée dans l’agro-alimentaire

Siny Samba est native sénégalaise. Elle a effectué toute sa scolarité dans le pays… jusqu’à son BTS l’Institut Sainte Jeanne D’Arc Postbac. Ensuite, elle décide d’aller étudier à l’étranger en ingénierie.

C’est totalement par hasard qu’elle se spécialise dans l’agroalimentaire. En effet, elle s’est toujours demandé quels étaient les secrets de fabrication des produits vendus en supermarché. Alors, elle est embauchée chez Blédina, filiale du groupe Danone. Cette entreprise est spécialisée dans l’alimentation infantile. Ici, elle évolue rapidement. Siny Samba exerce en tant qu’ingénieure. Elle travaille aux côtés du service qualité et marketing, pourtant elle-même en recherche et développement. Elle apprend alors toutes les facettes de l’industrie.

En 2017, toujours salariée, elle part en vacances au Sénégal. Elle se rend vite compte qu’elle peut apporter quelque chose à son pays natal.

Le début d’une aventure entrepreneuriale à impact

Siny Samba rentre de son voyage avec une idée en tête. Elle souhaite créer une marque d’alimentation pour bébé. C’est alors que le projet se concrétise : Le Lionceau né, en association avec un ancien camarade d’école.

À eux deux, ils investissent 60 000 euros ( 39,357,434.45 XOF) de fonds propres pour commencer l’aventure. Mais ils voient les choses en grand. C’est alors qu’ils font appel à des organismes et investisseurs pour arriver à leur fin.

150 000 euros (98,393,586.12 XOF) : c’est ce qu’ils ont pu lever. En effet, ils ont bénéficié des investissements du WIC (women Investment Club), de Hub Impact Dakar, de la DER, de Teranga Capital… et d’investisseurs privés.

C’est en France qu’ils commencent les tests. Ils font appel à la diaspora sénégalaise, afin d’avoir la certitude que le business plan fonctionne. C’est une réussite ! Ils partent alors à l’aventure de l’entrepreneuriat Sénégalais ! Les associés font de nouveaux tests avant de finaliser le projet avec l’ADPME (agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises).

« On voulait investir beaucoup et être tout de suite grand, gros. Puis, au moment de commencer, on avait l’impression qu’on roulait un peu à contre-courant. Parce que les choses étaient très lentes ici au Sénégal, comparé à ce qu’il se passe en France » – déclare Siny Samba.

La production : pas si simple…

Au Sénégal, Siny Samba et son associé cherchent une usine de transformation afin de lancer la production. Ils voulaient tisser un partenariat avec un industriel déjà présent, afin d’utiliser ses locaux. Malheureusement, ces usines n’étaient pas aux normes pour l’alimentation infantile. En effet, une étude en 2015 avait déclaré qu’il existait plus de 15 000 entreprises de transformation, mais 97% d’entre elles étaient informelles.
Retour à l’école ! C’est à l’Institut Sainte Jeanne D’Arc Postbac, où elle a étudié, qu’elle installe ses locaux.

Concernant l’approvisionnement, Siny Samba est ferme : « Pour moi, se lancer dans l’entrepreneuriat aujourd’hui, c’est essayer de mettre en place une économie circulaire pour que tout le monde puisse en bénéficier ». Ainsi, elle se met en contact avec des producteurs locaux afin de soutenir le made in Sénégal.

« Nous travaillons avec nos producteurs locaux et transformons tout ici, sur place. C’est une grande différence par rapport aux produits importés. Ils vont, par exemple, proposer de la pomme, de la fraise, de la framboise, qui sont très bons mais qu’on ne trouve pas ici. Cela attire beaucoup de parents. ». En effet, les petits pots sont composés de produits sénégalais : bouye, pain de singe, moringa… de quoi valoriser la cuisine locale !

Le Lionceau, qui a commencé a faire uniquement des livraisons, est aujourd’hui présent dans les supermarchés. Au début peu mis en avant, les produits sont dorénavant en tête de ligne. Oui, ils attiraient bien plus que les marques étrangères ! Aujourd’hui, la capacité de production du Lionceau est équivalente à 500 pots et 1 000 paquets de farine par jour. Elle attire une cible de la classe moyenne ou aisée. Avec un chiffre d’affaires qui double chaque année, Siny Samba vise de s’étendre dans tout le Sénégal mais aussi dans les pays voisins.