Top 3 des entrepreneurs sénégalais œuvrant pour l’environnement

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Top 3 des entrepreneurs sénégalais oeuvrant pour l'environnement

L’environnement du Sénégal est dans une phase d’urbanisation galopante. Les banlieues dakaroises s’étendent petit à petit, une nouvelle ville se crée… ce qui laisse des séquelles. Sans parler du problème de la gestion des déchets. Soit ! L’enjeu environnemental est mondial. Gora Ndiaye, Aly Ndiaye et Rahim Bâ l’ont compris. Et ils comptent bien apporter leur pierre à l’édifice ! Zoom sur ces entrepreneurs oeuvrant pour un Sénégal plus vert.

Gora Ndiaye : premier paysan à avoir utilisé la permaculture.

Gora Ndiaye est pionnier de l’agroécologie en Afrique. C’est lui qui a commencé à utiliser la technique de la permaculture au Sénégal. Grâce à cette fibre entrepreneuriale responsable, il a pu transformer une terre désertique et sans espoirs… à un véritable oasis dans le Siné Saloum.

Partir de rien, et créer un environnement de microclimat dans le Siné Saloum

Gora Ndiaye a travaillé longtemps comme accompagnateur en gestion de projet écologiques. Dans les années 2000, en visite dans la commune de Fimela, il tombe sur un vaste terrain vague. Les paysans lui expliquent que celui-ci n’est plus fertile, que c’est peine perdue. Mais, persuadé qu’il peut le transformer, il décide de le racheter. C’est en 2003 que l’aventure commence : il a l’ambition d’y créer un microclimat. Il débute alors ses semences, pour en faire un grand potager.

Trois ans après, le bilan : on y trouve des arbres fruitiers, des produits maraîchers et même des céréales. Il acquiert une réputation sans pareil, au niveau national mais aussi dans la sous-région. Des paysans d’ici et d’ailleurs font le déplacement pour voir, de leurs propres yeux, le miracle de cet oasis. Lors des visites, Gora Ndiaye explique son raisonnement et sa technique… ce qui lui a donné l’idée de créer une école.

L’école de Kaydara, fruit du talent de Gora Ndiaye

En 2008, il créer l’école de Kaydara. Ce centre d’apprentissage est spécialisé dans la formation aux pratiques agro-écologiques.

Le principe est simple. L’école de Kaydara collabore avec des communautés et collectivités territoriales pour trouver des élèves. Encore une fois, pari réussi pour Gora Ndiaye. Il s’entoure des meilleurs pour former ses élèves à se lancer dans l’entrepreneuriat agro-écologique… afin qu’ils reproduisent ces pratiques dans leur champ.

Généreux, Gora Ndiaye a donné une parcelle d’un hectare aux plus motivés de ses apprenants !

Rahim Bâ : un passionné d’agriculture responsable et biologique pour l’environnement

C’est grâce à sa rencontre avec Gora Ndiaye, son maître, que Rahim Bâ s’est pris de passion pour l’agriculture responsable. Dans les années 90, ils ont tous deux travaillé sur des jardins scolaires biologiques avec des ONGs. Il a aussi formé plus de 500 jeunes agriculteurs à la technique de la permaculture dans l’école Kaydara.

Jardin d’Afrique, pour la diffusion de l’agro-écologie pour le développement local

Dans les années 2000, Rahim Bâ crée une association, Jardin d’Afrique. Grâce à ses objectifs prometteurs, elle a bénéficié d’un financement de 50 000 dollars par le Fonds Mondial pour l’Environnement (FEM), dans le cadre du Projet d’intégration du cocotier dans les écosystèmes côtiers du Sénégal.

Le but était simple. Rahim Bâ veut créer des pépinières de cocotiers hybrides. Ceci dans l’objectif de freiner l’érosion et stabiliser les terres côtières, afin de ralentir l’avancée de la mer. C’est à Palmarin et dans 9 îles du delta du Saloum que ses actions ont été menées.

La rencontre d’une vie, qui a donné naissance à la Ferme des 4 chemins

C’est la rencontre de deux femmes qui a donné un nouveau souffle à la carrière de Rahim Bâ.
Celles-ci avaient un projet d’agriculture bio à Toubab Dialaw. Chose qui a retenu l’attention de l’entrepreneur… Ainsi, il s’y est rendu, pour créer avec elles la Ferme des 4 Chemins.

La Ferme des 4 chemins est une ferme-école de 2 hectares qui a pour vocation de démontrer la capacité de l’agro écologie à offrir des conditions de vie favorables. Aujourd’hui, elle soutient 6 regroupements professionnels… soit plus de 250 agriculteurs dont près de 200 femmes.

De par ce projet, Rahim Bâ a plusieurs objectifs. Premièrement, il veut cultiver sur la terre aride de Toubab Dialaw, afin d’y installer un jardin écologique. Aussi, il a l’ambition de faire de l’agriculture biologique, dans une zone où elle est menacée par la spéculation foncière.

Aly Ndiaye, expert reconnu au Brésil

Ali Ndiaye est Sénégalo-brésilien. Il est un expert reconnu dans son pays natal, notamment grâce à sa technique agricole bien à lui. Son crédo : réduire les espaces de culture tout en augmentant les rendements agricoles.

Un entrepreneur écologique reconnu au Brésil

Ali Ndiaye est titulaire d’un diplôme d’ingénieur agronome, et d’une maîtrise en agriculture biologique. Au Brésil, il est reconnu dans le domaine de la production agro-écologique. Il est d’ailleurs à l’initiative du Programme de Production Agroécologique Intégré et Soutenable (PAIS). Il soutient les hauts rendements sur les petites superficies.

Le voyage au Sénégal qui a changé sa vie

En 2020, Aly Ndiaye voyage au Sénégal. Mais à cause des restrictions de voyage du COVID, il est contraint de rester. Il se résolut alors à faire ce qu’il sait faire de mieux : travailler la terre.

Ainsi, il est depuis à la tête du projet de création des jardins circulaires Tolou Keur. C’est la muraille verte, qui fait de plus en plus de bruit dans le pays. Elle est destinée a lutter contre la désertification dans plusieurs régions du Sénégal.

Aly Ndiaye est le maître d’oeuvre du projet, avec, à sa tête, Karine Fakhoury, spécialiste en écologie et santé. Le projet prend deux dimensions. Comme au Brésil, un de ses objectif est de produire beaucoup sur de petits espaces. Mais il souhaite aussi créer des forêts nourricières avec les plantes médicinales que l’Afrique nous offre.

Dans cette approche 100% participative, le projet Tolou Keur accompagne de petits producteurs locaux. En effet, les initiateurs de ce projet ont tout de suite voulu intégrer la population à l’environnement. Celle-ci prend part aux grandes décisions, et ça marche : elle se sent inclue dans le projet et est d’un énorme soutien.

Ces entrepreneurs sont des acteurs majeurs pour la protection de l’environnement au Sénégal. De plus, ils apportent des solutions à différentes problématiques. D’abord, la création d’emploi en zone rurale amoindrit l’exode rurale. Elle a aussi des conséquences positives sur l’immigration illégale, et tout cela en préservant notre planète. Grâce aux formations, la relève est assurée… et promet à l’agro-agriculture un avenir grandiose.